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TUNISIE - La rue fera-t-elle chuter le gouvernement d'Ennahda ?

TUNISIE - La rue fera-t-elle chuter le gouvernement d'Ennahda ?

 

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté le 6 août à Tunis contre le gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda. Cet éditorialiste tunisien estime que le pouvoir actuel vit ses derniers soubresauts.

Il semble que les destins respectifs des peuples tunisien et égyptien soient intimement liés. En effet, la chute du dictateur tunisien Ben Ali en janvier 2011 a été suivie 1 mois plus tard de celle de son homologue égyptien Moubarak. Deux ans plus tard, l'échec des Frères musulmans dans la gouvernance du pays, pousse le peuple égyptien à se rebeller et à chasser le président islamiste Morsi. A leur tour, les Tunisiens emboitent le pas aux Egyptiens et la chute du gouvernement islamiste n'est plus qu'une question de temps. 

Près de 2 années après la victoire d'Ennahda aux premières élections libres, cette gouvernance se solde par un échec retentissant, avec un bilan désastreux, pour employer un euphémisme. En effet, l'incompétence et la mauvaise foi allaient mener le pays vers un abîme, aux fonds insondables. Les membres de l'Assemblée constituante trainent le pas et, 20 mois après le démarrage des travaux, la rédaction de la constitution est loin d'être achevée.

Mais la descente aux enfers des Tunisiens ne va malheureusement pas s'arrêter là ! En effet, un dangereux phénomène qui leur était totalement méconnu depuis 60 ans, fait son apparition, il s'agit des assassinats politiques. Il y a eu d'abord l'horrible lynchage par des hordes de milices islamistes excitées, du regretté Lotfi Nagdh, membre du principal parti d'opposition, Nida Tounés, un certain 18 octobre 2012. Ensuite, le 6 février 2013, ce fût le lâche assassinat par balles d'une grande figure de l'opposition, en l'occurrence Chokri Belaïd.

Un vaste mouvement de solidarité des Tunisiens et Tunisiennes

Pire, en plein mois de Ramadan, le 25 juillet, le jour où les Tunisiens fêtaient le 56ème anniversaire de la république, un autre membre de l'opposition et de l'Assemblée constituante [ANC], Mohamed Brahmi, allait être assassiné de 14 balles tirées à bout portant. Le plus grave dans cette affaire, c'est que, 10 jours avant cet assassinat, un dirigeant islamiste, président du groupe parlementaire d'Ennahdha, Sahbi Atig en l'occurrence, s'était permis, en toute impunité, de lancer en pleine rue des menaces à l'encore de tous ceux et celles qui oseraient mettre en doute la légitimité de l'actuel gouvernement ! C'en était trop pour les Tunisiens! Les élus à l'Assemblée constituante membres de l'opposition, décident de geler leur activité au sein de l'ANC et d'entreprendre un sit-in au Bardo [une banlieue de Tunis], appelant à la dissolution de l'Assemblée et du gouvernement provisoire. 

Ce geste allait déclencher un vaste mouvement de solidarité des Tunisiens et Tunisiennes, dont les nerfs sont mis à mal par l'incompétence notoire du gouvernement, qui viennent tous les soirs par dizaines de milliers, devant le siège de l'ANC, au Bardo, exprimer leur rejet de ce gouvernement, désormais vomi par une large majorité d'entre eux. Que fait en gouvernement entretemps ? Autiste, sourd et aveugle jusqu'au bout, il choisit la fuite en avant. 

Assis sur les décombres d'une légitimité ruinée et obsolète, le chef du gouvernement se lance dans un discours menaçant, traite les protestataires de "putchistes" et appelle dans un geste de désespoir, ses sympathisants à venir à son secours et à défendre sa pseudo-légitimité. Quoique payés à raison de 20 dinars par soirée [9 euros], les mercenaires d'Ennahdha sont bien moins nombreux que les contestataires et leurs aboiements et gesticulations pathétiques ne sont plus que les derniers soubresauts d'un islamisme politique agonisant. Aujourd'hui, on peut affirmer sans trop de risque de se tromper, que la fin de ce gouvernement est proche et que sa chute n'est plus qu'une question de jours !

 

KAPITALIS

MOEZ BEN SALEM

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Non la rue ne fera pas chuter ce gouvernement . La rue tunisienne , na rien a voir avec la rue Egyptienne , Les tunisiens ne sont nullement guerriers , ils sont plutot bons enfants . Pour la majorité ils vont a la manif , comme s ils aller a la foire , pour seulement passer le temps . D ailleur vous les voyez ils sont la avec toute la famille , bébés et pasteque compris .

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