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Guy Millière : « En Israël, je retrouve la fraternité et le sens de l’amitié »

 

Guy Millière : « En Israël, je retrouve la fraternité et le sens de l’amitié »

 

Guy Millière sera en tournée en Israël, pour une série de conférences organisées par Le P’tit Hebdo, du 13 au 17 novembre prochain. Ce fervent défenseur de la cause juive et israélienne viendra, une fois encore, nous encourager et nous livrer ses analyses sur les dernières évolutions dans le monde. Nous avons souhaité vous le présenter d’une manière un peu originale : nous lui avons soumis une série de mots basés sur les lettres de ses nom et prénom. Il nous dit ce que chacun de ces mots évoque pour lui.

Golan
Ce mot renvoie au Nord-Est d’Israël, aux montagnes qui surplombent le lac de Tibériade, à la victoire de l’armée israélienne sur les forces syriennes, à une politique qui aurait depuis longtemps dû être menée dans d’autres territoires conquis par Israël face à la haine et à la stérilité. Le Golan israélien assure à Israël un avantage stratégique face à la Syrie, ennemi d’Israël. Elle est une zone de liberté et de prospérité parce qu’elle est pleinement israélienne. Des Juifs et des Arabes y vivent et y travaillent en coopération fraternelle parce que c’est Israël.

Usurpateur
Dans ma tête un déclic se fait quand j’entends ce mot : je pense aussitôt à Barack Obama. Jamais avant lui je n’avais vu un homme arriver à la Maison Blanche par le mensonge et la dissimulation. Barack Obama est le premier Président d’extrême-gauche, anti-américain et anti-israélien à arriver à la présidence des Etats-Unis. C’est un ennemi résolu d’Israël quoi qu’il dise, et je pense l’avoir démontré dans mes écrits. C’est un ennemi des Etats-Unis en tant que puissance de la liberté. J’espère que nombre de Juifs et d’Israéliens verront qui est Barack Obama avant les élections de novembre 2012, et j’espère qu’il sera remplacé par un Président qui aime les Etats-Unis et Israël. Il en va de l’avenir du monde.

YouTube
Un moyen d’avoir accès à des millions de vidéos en quelques secondes. YouTube, comme Internet, inclut le meilleur comme le pire. YouTube donne accès à la propagande la plus raciste et la plus infâme, mais aussi à l’information la plus impeccable. Par YouTube, la désinformation peut circuler comme la bonne information, et je fais confiance aux gens intelligents pour choisir la bonne. Dans les pays où la liberté de l’information n’existe pas, comme les derniers régimes communistes et comme la France, YouTube est un outil au service de la vérité et de la liberté.

Musique
La musique joue un rôle important dans la vie des êtres humains. Elle renvoie à leur rapport à eux-mêmes et au monde. J’écoute, en écrivant, beaucoup de rock, de blues et de country, des musiques américaines. Le rock me renvoie à la révolte individuelle face à la massification : je suis un individu transcendant et singulier ! Le blues me renvoie au caractère mortel et mélancolique de l’être humain. La country, chez ses plus grands auteurs renvoie à l’enracinement, à l’identité, à l’opiniâtreté du défricheur face à un monde. J’écoute les mêmes musiques quand je traverse le Neguev et le désert Mohave en Californie. Dans les deux cas, l’expérience humaine est la même. Le désert du Neguev est très proche géographiquement du désert Mohave. Ils ont été conquis par des frontiermen, des hommes de la frontière. J’ajouterai avoir découvert récemment Avishai Cohen : je n’écoutais plus beaucoup de jazz, il m’a réconcilié avec le jazz. C’est un très grand artiste.

Implantations
Je n’utilise jamais ce mot. Je parle de villes et villages juifs de Judée-Samarie. Cela me permet de contredire immédiatement le discours raciste des « pro-palestiniens ». Des Juifs ont pleinement le droit de vivre en Judée-Samarie. Seuls le racisme et la volonté d’épuration ethnique des « Palestiniens » empêchent que cela se passe sereinement. La Judée-Samarie aurait dû depuis toujours faire partie du foyer national juif. Le Royaume-Uni s’est mal conduit et après avoir créé un Etat arabe palestinien sur 80% du Mandat palestinien, la Jordanie, a remis les 20% restant aux Nations-Unies qui les ont divisés en deux. Israël est né sur 10% du Mandat Palestinien. Les Arabes se sont conduits en agresseurs génocidaires. Les Juifs se sont installés sur les terres libérées. Ils ont créé ou recréé des villes et villages Juifs en Judée-Samarie. Point. Rien n’empêche des Arabes de travailler avec ces villes et villages juifs, sinon la haine raciale que le monde occidental devrait condamner.

Liberté, Égalité, Fraternité
Je cite très peu la devise de la République française. Je considère la Révolution française comme une révolution ratée, à la différence de la Révolution américaine. Cette dernière a débouché sur une constitution qui est la même depuis plus de deux siècles et sur une Déclaration des droits qui garantit tous les droits fondamentaux et fait du pays une terre de liberté. La Révolution française a très rapidement mal tourné : Edmund Burke dans ses Réflexions sur la Révolution de France en a fait une analyse magistrale dès 1791. Il prévoit la Terreur, et la prise de pouvoir par un dictateur. La France a changé onze fois de régime politique depuis 1789. Elle a connu des retours à la monarchie absolue, une monarchie constitutionnelle, cinq républiques, deux empires, et un régime autoritaire sous Pétain. Les droits fondamentaux n’y sont toujours pas garantis. L’ère de la Terreur a été une ère où le pouvoir était aux mains d’intellectuels idéologues : la France compte toujours beaucoup trop d’intellectuels idéologues et très peu de penseurs de la liberté. La liberté en France est une liberté provisoire et surveillée. L’égalité de droit est érodée par l’envie et remplacée par un désir égalitariste. La fraternité est absente et remplacée par l’idée de « solidarité », qui repose sur des institutions étatiques.

L’Histoire
Je cite souvent la phrase de George Santayana : « Ceux qui ne tirent pas les leçons de l’Histoire sont condamnés à la voir se répéter ». Je ne cesse de prôner et de m’efforcer de pratiquer ce que j’appelle une « éthique intellectuelle » : respecter l’être humain, c’est respecter la connaissance, ne pas falsifier, ne pas mentir. La connaissance de l’Histoire permet de tirer des leçons, comme le dit Santayana. L’histoire de la France au cours des deux derniers siècles permet de comprendre la France aujourd’hui, et des leçons devraient en être tirées qui malheureusement ne le sont pas. L’histoire du nazisme permet de discerner que des adeptes de l’Etat total ont pu passer du communisme au nazisme très aisément, et elle permet aussi de déchiffrer certains phénomènes inquiétants qui se développent en Europe aujourd’hui : nombre de ceux qui appellent au boycott d’Israël en Europe ont des mots et des comportements qui me font penser qu’ils auraient pu rejoindre des mouvements nazis ou fascistes il y a sept décennies. L’Histoire devrait aussi servir de garde-fou contre la propagande : si les journalistes qui écrivent en Europe sur Israël et le Proche-Orient connaissaient l’Histoire, ils pourraient peut-être se rendre compte qu’ils désinforment plus qu’ils n’informent et se transforment, volontairement ou involontairement, en propagandistes antisémites.

Internet
Internet est une invention essentielle. C’est ce qu’on appelle en économie une invention de rupture : une invention qui transforme le fonctionnement économique, le politique, l’organisation des sociétés. Internet nous a fait passer, dans ce que j’appelle dans mon livre La Septième dimension , entièrement consacré à ce sujet, la mondialisation accélérée. Les économies les plus dynamiques de la planète sont celles qui se sont tournées vers un fonctionnement post-industriel et post-capitaliste et dans lesquelles le capital essentiel est le capital intellectuel. Dans ce domaine, Israël est l’un des pays les plus dynamiques du monde, sinon le plus dynamique. Nombre d’Européens n’imaginent même pas ce que sont les moteurs de l’économie israélienne. Des livres ont été publiés sur le sujet en anglais, dont The Start Up Nation de Dan Senor et Saul Singer, et The Israel Test de George Gilder. En France, on parle de « démondialisation » et de « ré-industrialisation ». C’est plutôt triste. On ne comprend pas qu’Israël est le seul pays du Proche-Orient à avoir un avenir fécond. On ne voit pas qu’il n’y a pas de « printemps arabe », mais un monde arabe en train de s’effondrer.

Etats-Unis
Les Etats-Unis sont, avec Israël, le pays que je préfère sur la surface de la terre. Les Etats-Unis ont été appelés par Madeleine Albright la « puissance indispensable », et c’est ce qu’ils sont. J’ai écrit un livre appelé L’Amérique monde, parce que les Etats-Unis sont la seule puissance planétaire aujourd’hui. Ils ont cette position parce qu’ils sont fondés sur un idéal que Ronald Reagan résumait en citant John Winthrop, l’un des pilgrim fathers, et en parlant de la « cité au loin sur la colline ». Les Etats-Unis sont, depuis la fin du dix-neuvième siècle les gardiens de la liberté sur terre. Quand ils sont puissants, comme sous Reagan, la liberté avance dans le monde, quand ils sont déterminés, comme sous George W. Bush, ils résistent aux tempêtes et font reculer la terreur, quand ils sont mal gouvernés, c’est la liberté qui recule, et aujourd’hui, ils sont très mal gouvernés. Il y a présentement à la Maison Blanche un homme pire que Carter. Il incarne un moment effroyable qui a de grandes chances de s’achever en 2012.

Racisme
J’ai, bien sûr, en horreur toute forme de racisme. Il est une autre phrase que j’aime citer. Elle est de Tom Paine : « Mon pays est la liberté et tous les hommes sont mes frères ». Parce que j’ai le racisme en horreur, j’ai l’antisémitisme en horreur. Je sais que l’antisémitisme est la plus vieille haine de l’histoire de l’humanité. Je sais que l’antisémitisme en Europe a conduit à la shoah. Je sais que l’antisémitisme remonte en Europe, sous une forme explicite, ou sous le masque de l’ « antisionisme ». Je sais que l’antisémitisme est omniprésent dans le monde islamique, et je n’ai pas la moindre illusion sur des gens comme Mahmoud Abbas. Je prends très au sérieux les diatribes de Mahmoud Ahmadinejad qui nie la shoah et qui rêve de perpétrer une deuxième shoah. C’est pour sonner l’alarme que j’ai écrit un petit livre appelé Comme si se préparait une seconde shoah. Et j’insiste sur le « comme si » : cela ne se produira pas. La diabolisation d’Israël qui monte en Europe me répugne et me consterne, tout comme l’aveuglement des Européens. Mais je pense que l’Europe appartient au passé, et qu’Israël appartient au futur.

Encouragements
Dans cette période difficile, je veux tenir des propos d’encouragement à mes amis Israéliens. Je veux leur dire que ce qui a été accompli en Israël en six décennies est magnifique. Il reste des obstacles. Ils seront surmontés. Israël est un pays jeune, dynamique, innovant, fécond. La flambée islamique actuelle s’éteindra car elle est stérile et porteuse seulement de haine et de destruction. Israël est seul en ce moment, mais cela ne durera pas. Les Etats-Unis restent essentiellement le grand ami d’Israël, et si les gauchistes sur les campus universitaires propagent une haine d’Israël qui ressemble à celle qui règne en Europe, le peuple américain lui-même est très profondément lié par des liens d’amitié avec Israël. Obama lui-même est obligé de mettre de l’eau dans son vin. J’ai écrit un livre qui s’appelle La résistible ascension de Barack Obama. Je vais en écrire un qui s’appellera La chute de la maison Obama, car c’est ce qui se profile. J’ajouterai, sur un plan personnel, que me rendre en Israël m’encourage à persévérer. En France, je me sens comme un dissident pouvait se sentir en Union Soviétique. En Israël, je retrouve la fraternité et le sens de l’amitié.

Réalisée par Guitel Ben Ishay – Le P’tit Hebdo - JSSNews

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