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OBAMA : SECOND MANDAT Par Gérard AKOUN

 

OBAMA : SECOND MANDAT Par Gérard AKOUN

 

OBAMA : SECOND MANDAT

Par Gérard AKOUN

Judaïques FM

 

Barack Obama a triomphé mais ce n’était pas gagné d’avance. Aucun des dirigeants, qui ont eu la malchance de gouverner leur pays pendant la crise de 2008, n’a été réélu, même quand ils n’avaient pas vraiment démérité, à l’exception d’Angela Merkel. Barack Obama a remporté  une victoire historique pour les démocrates ; depuis Harry Truman en 1945 il est le second président, après Clinton, à être réélu pour un second  mandat.

Mais c’est surtout une victoire personnelle, une victoire politique pour Barack Obama.«L’obamania» qui avait saisi les américains, il y a quatre ans, s’était émoussée, sauf chez les français, le souvenir des années Bush s’estompait, son métissage s’était banalisé. Ce n’était plus un homme nouveau qu’on allait élire mais l’homme d’un bilan.

Promesses

Il avait déçu sur sa gauche ; il n’a pas tenu toutes ses promesses ; il a cherché trop souvent le compromis avec ses opposants républicains ; mais  pouvait-il faire mieux après avoir perdu la majorité à la chambre des représentants à mi-mandat ? Il a quand même réussi la réforme du service de santé en assurant une couverture aux 46 millions d’américains qui en étaient dépourvus, mais il faudra attendre d’ici à 2014 pour que chaque américain soit obligé de souscrire une assurance maladie sous peine de sanctions financières. 

En politique intérieure  le bilan est mitigé ; il a relancé l’économie en y injectant des centaines de milliards ; il a sauvé General Motors mais  le chômage n’a pas vraiment baissé. Il y a, certes, une embellie, mais le déficit public reste abyssal et la croissance n’est pas encore au rendez-vous. Les américains ont préféré voter Obama ; ils ont voté pour le maintien de l’État protecteur, pour le maintien des pouvoirs de l’État fédéral que Mitt Romney, et surtout ses alliés des «tea party» auraient voulu réduire sensiblement. Sur le plan sociétal il a soutenu le droit à l’avortement, l’accès gratuit à la contraception, il s’est déclaré favorable au mariage des homosexuels.

Victoire nuancée

Barack Obama a devancé son concurrent de 1.500.000 voix ; on est très loin des 10 millions de suffrages qui le séparaient de Mc Caïn en 2008, mais depuis, l’Amérique et le parti républicain ont  changé ; l’Amérique est coupée en deux sur le plan économique et social et le parti républicain a glissé vers l’extrême-droite, ce qui explique d’ailleurs l’échec de son candidat. En fait, Obama a gouverné au centre, ce qui n’a pas été toujours du goût de ses électeurs de 2008, mais, confrontés au programme de Mitt Romney qui ramenait les États- Unis à ce qu’ils étaient dans les années 30,  67% des jeunes, les femmes et l’ensemble des minorités ont voté Obama.

Sur le plan extérieur, l’espoir d’un changement dans les relations internationales, qu’il avait laissé espérer à travers de grands et beaux discours, n’a pas été suivi d’effet, mais la politique internationale n’a pas été l’élément moteur de cette élection, loin de là. Elle intéressait, par contre l’Europe, la Russie, la Chine, les pays émergents, Israël, l’Iran, les pays arabes…. On a pu avoir, à juste titre, l’impression que dans ses rapports avec certains de ces pays, souvent hostiles aux États-Unis, il se montrait trop conciliateur, trop confiant, ou qu’il  cédait  sur de nombreux points sans rien obtenir en échange. En ne voulant plus être le gendarme du monde, un rôle que les américains ne sont plus à même de tenir, il a  brouillé l’image de la première puissance mondiale. 
Il faut espérer que, libéré des contingences électorales, il ne peut plus se représenter, Obama-II  va pouvoir donner plus de lustre à la politique internationale  et qu’il va, enfin, mériter le Prix Nobel de la paix qui lui a été décerné, à peine élu, en 2008. En s’en tenant uniquement au Moyen-Orient, les occasions ne manquent pas: la guerre civile en Syrie, le conflit israélo-palestinien pour lequel il avait tenté, dès le début de son mandat, mais sans résultats, une médiation un peu musclée, les incertitudes suscitées par les printemps arabes, et bien sûr le dossier le plus urgent : l’Iran,  sa volonté de se doter de l’arme nucléaire et les risques de guerre que cela peut entrainer.

Une belle victoire, monsieur le Président, mais que de problèmes en perspective !!

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