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Operation Torch : Débarquement en Afrique du Nord

 

Operation Torch : Débarquement en Afrique du Nord

 

Le 8 novembre 1942, les troupes anglaises et américaines débarquent en Afrique du Nord sous le commandement du général américain Dwight Eisenhower. C'est l'opération «Torch».

Résistance insensée

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du Nord française (départements d'Algérie, protectorats du Maroc et de la Tunisie) s'était placée sous l'autorité du gouvernement de Vichy, lui-même inféodé à l'occupant allemand.

Au moment du débarquement, l'amiral François Darlan, dauphin du maréchal Pétain, se trouve par hasard à Alger où il est venu rendre visite à son fils malade. Il ordonne aux troupes françaises de résister à l'envahisseur. C'est ainsi qu'à leur arrivée à Casablanca comme à Oran et Alger, les troupes anglo-saxonnes se heurtent contre toute attente à une furieuse résistance des troupes françaises.

Les Anglo-Saxons craignent que cette résistance de leurs ex-alliés ne permette aux Allemands de se ressaisir et de les renvoyer à la mer. Heureusement, Darlan finit par signer la reddition d'Alger et les Anglo-Saxons obtiennent un arrêt des combats. L'Afrique du Nord passe sous leur contrôle tout en conservant l'administration et les lois de Vichy !

Le reflux de l'Axe

Hitler réagit à l'invasion de l'Afrique du Nord par l'occupation de la «zone libre», en France, en violation des accords d'armistice du 22 juin 1940 avec le maréchal Pétain. C'est l'opération «Attila»... La flotte française en rade à Toulon se saborde le 27 novembre sur ordre de l'amiral Jean de Laborde, pour échapper aux Allemands sans avoir à se livrer aux ennemis traditionnels de la marine française, les Anglais ! Les Allemands et leurs alliés Italiens occupent d'autre part la Tunisie, protectorat français revendiqué par l'Italie.

Dans le même temps, dans le désert libyen, à el-Alamein, le général Montgomery repousse l'Afrika Korps de Rommel. Pris en tenaille, les Allemands et les Italiens n'ont pas d'autre issue que de se retrancher sur Bizerte, en Tunisie, d'où ils regagneront l'Europe en mai 1943.

En janvier 1943, Roosevelt et Churchill se retrouvent à Casablanca pour une conférence où ils préparent la libération complète de l'Afrique du Nord et l'invasion de la Sicile.

Le débarquement en Afrique du Nord

Dès octobre 1940, de jeunes Juifs algériens de retour du front, ne se résignant ni à la défaite ni à la perte de leurs droits, se regroupent en vue d’une action éventuelle.

Sous couvert de la salle de gymnastique Géo Gras, qu’ils ont ouverte, en plein centre d’Alger, Raphaël et Stéphane Aboulker développent une organisation clandestine, tout en diffusant des tracts et des affiches anti-vichystes. Ils se préparent au combat. A l’arrivée du capitaine Pilafort à Alger, ami de la famille Aboulker, ces derniers acceptent de recruter une jeune troupe parmi les jeunes de la salle Géo Gras dont il sera le responsable.
Par l’intermédiaire de leurs cousins, Roger et Pierre Carcassonne, d’Oran, José Aboulker alors étudiant en médecine, démobilisé, est présenté à Henri Astier de la Vigerie, officier monarchiste et au colonel Jousse. Ils décident d’unir leurs efforts et de regrouper tous ceux qui veulent lutter contre Vichy et les nazis.

José Aboulker devient l’organisateur des effectifs et se charge de susciter et de coordonner l’action de différents groupes de volontaires. Il prépare avec Henri d’Astier, Bernard Karsenty, le colonel Jousse, etGuy Calvet-Cohen une action intérieure afin de favoriser un débarquement américain.

Le 23 octobre 1942, les militaires français, américains et britanniques, en présence de Bernard Karsenty, se rencontrent à Cherchell et décident du plan du débarquement en Afrique du Nord, désigné sous le nom d’opération Torch. Le 5-6 novembre, José Aboulker installe, rue Michelet (Alger), chez ses parents, le Q.G. de l’insurrection et attribue aux chefs de groupe, leurs affectations tenues secrètes jusqu’à ce jour.
A la veille de l’insurrection, les effectifs sont moins importants que prévus. Parmi les quatre cents conjurés, les juifs sont majoritaires y compris parmi les chefs de groupe qui sont : le Dr. Morali-Danino, Aboulker Raphaël, Maurice Hayoun et Paul Ruff.

Dans la nuit du 7 au novembre 1942, les forces anglo-américaines débarquent en Algérie.
Le 8 novembre 1942, à 1 heure du matin, la Résistance algéroise s’empare des points stratégiques de la ville et met en état d’arrestation, les principaux chefs militaires dont le général Juin et l’amiralDarlan. A 2 heures, la ville est sous leur contrôle et, à 7h30, les Américains entrent à Alger, sans avoir tiré un coup de feu.

Sur le plan militaire, l’opération Torch est une réussite à laquelle les juifs d’Algérie ont largement contribué. Pourtant, les conjurés d’Alger seront incarcérés après l’assassinat de Darlan en décembre 1942. De plus, le décret Crémieux ne sera rétabli que le 21 octobre 1943. Ces événements n’empêcheront pas la communauté juive d’Algérie de rejoindre massivement les Forces Françaises Libres.

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