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‘..Et puis, un jour, ils sont partis… !’ - Par Albert Simeoni

‘..Et puis, un jour, ils sont partis… !’

 

 

Ma tante Poupée fut la première a quitter notre home, pour cause de mariage.
J’étais dés lors plus à l’aise dans le lit de feu Meiha…Puis quelques mois plus tard, ce fut au tour de mon oncle Jojo, lui aussi pour cause de mariage. Oh, ils n’étaient pas partis loin, juste à Tunis.

Son lit de camp fut mis au rebus. Nous avions gagné qqs centimètres d’espace.
Puis nous sommes aussi partis en 1960 de ce cagibi, à la naissance de ma sœur en 1960, sans rien laisser rien derrière nous.

Notre nouvel appartement 2 Rue du Limousin, était bcp plus grand. Feu Meiha avait sa chambre, Richard, Sauveur et Moi avions la notre, Maxo dormait dans la chambre de Meiha.

Maman et papa avaient leur chambre. La cuisine était bcp plus grande mais le WC était tjs petit. Une cour. Bref, 80 M2 plein pied.
Tous les anciens meubles nous ont accompagnés, le temps que Maman en rachète d’autres …D’occasion.

Tout était d’occasion Le FRIGECO occasion, l’armoire d’occasion, nos lits d’occasion, le buffet n’était pas d’occasion c’était le même que celui de l’ancienne maison. L’horloge qui n’a jamais marché était d’occasion.

La table de la salle à manger kif kif, la télé qui rentre chez nous, d’occasion, nous sommes devenus tous d’occasion et comme on dit c’est l’occasion qui fait le larron. Vivre dans l’occasionnel nous a toujours donné le sentiment que nous étions biens dans l’occasion.

Puis, un jour Sauveur est parti à Marseille pour suivre ses études de dentisterie, puis ce fut le tour de Richard tjs à Marseille Ville où ils vivent toujours, ensuite ce fut ma sœur Joelle de les rejoindre tjs pour ses études de dentisterie. Trois dentistes dans la famille pour sur que nous ne serions jamais sans dents.

Nous sommes donc restés plus tard, Maxo, moi, la vieille et mes parents.
Puis est arrivée tante Louise, la sœur de Meiha.

Ente temps, notre appartement s’est agrandi d’un autre appartement collé au notre. Nous avions 8 chambres deux cuisines, deux cours, deux wc…
Puis Louijjé est partie non pas pour continuer ses études mais pour aller rejoindre D ieu.

18 mois plus tard, Meiha l’a suivie….Nous n’étions plus que 4 à tourner dans cet univers.

Puis Papa est parti….500 personnes à son enterrement…Puis maman et Maxo sont partis à Paris.

Plus d’appartement. J’étais marié à ce moment là. Après leur départ, et lorsque je passais devant la maison de la rue Pasteur, je levais tjs les yeux vers la fenêtre qui m’a vu naitre. Puis lorsque, je passais devant la maison de la rue DE DOUGA (anciennement rue du Limousin) je tournais la tête vers ce havre de paix, de joie et de tristesse.

Enfin, je rejoignais Paris définitivement avec femme et enfants.

Puis à Paris, Joëlle s’est mariée, Maxo aussi, qqs années plus tard.

Maman mit la clé sous la porte, le 20 Novembre 2011, elle était partie rejoindre, son papa, sa maman, sa tante son époux, son frère, et plus tard Poupée la rejointe.

Il y a toujours quelque part dans la vie, qq’un qui vient rappeler aux autres une certaine dynastie qui loin d’être pauvre n’est qu’humaine.

Cette dynastie, la notre, née dans le fin fond de la HARA ou de la Hafssia de Tunis montre à quel point un parcourt peut être enjolivé lorsqu’il se raconte avec le cœur et que, malgré l’étroitesse des lieux dans lequel nous avons vécu, seules comptent cette force et volonté de toujours aller plus haut et plus loin sans jamais se nourrir de privilèges.

Albert Siméoni.

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