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C’EST L’HISTOIRE D’UN MEC…TUNISIEN, par Andree Mamou

Le leader des salafistes djihadistes, Seif Allah Ben Hassine

C’EST L’HISTOIRE D’UN MEC…TUNISIEN

 

C’est l’histoire d’un juif tunisien qui a décidé de porter plainte contre ceux qui ont crié dans une manifestation sur l’avenue Bourguiba : «Mort aux juifs !» ou plutôt en version originale : «Edbah Liyoud !», ce qui veut dire «Egorge les juifs !». La tête tournée vers la Mecque et vidée de leur sang leur chair serait hallal.
C’est l’histoire d’un juif tunisien qui désigne les coupables : les islamistes salafistes et il incrimine également les autorités chargées du maintien de l’ordre de n’avoir pas fait taire ces braillards qui déshonorent la Tunisie de Bourguiba et de n’avoir pas traduit devant les tribunaux les responsables de ce dysfonctionnement.

Sur l’avenue Bourguiba, il n’y avait pas de juifs mais une troupe de théâtre qui voulait mettre de l’animation et recruter des spectateurs pour un spectacle, bien innocent, de mimes, de marionnettistes et de chansons mais que les islamistes, portant grandes barbes et vêtements traditionnels blancs («abbayas»), ont dû considérer comme futile et contraire aux fondements de la religion telle qu’ils la pratiquent.

Alors pourquoi ces cris de haine à l’égard des juifs qui sont en dehors de l’organisation du spectacle, qui sont absents sur l’avenue et qui vivent ailleurs que dans la Tunisie où ils sont nés et dont ils sont partis pour ne plus revenir ?

DU ZOLA

Je n’ai pas de réponse à vous donner mais je souhaite vous conseiller de lire quelques lignes écrites par ce juif tunisien : «Aujourd’hui encore, une semaine après les faits, on ne voit toujours pas de suite pénale à ces faits, non seulement inadmissibles, mais tout simplement illégaux» et il continue en plusieurs paragraphes commençant tous par «Je porte plainte ».

«Je porte plainte au nom de la révolution de la dignité…»

«Je porte plainte en tant que tunisien solidaire de tous ses compatriotes injustement attaqués»

C’est beau comme du Zola : «J’accuse » !

Il a adressé son texte bien écrit et empreint d’une colère mesurée et d’une tristesse cachée, à des organes de presse, à des sites d’information et il a été publié deçà de là.

Alors, ce juif tunisien a pris un avocat connu dans le pays pour ses prises de position anti racistes. Il a reçu de la part de quelques uns de ses lecteurs, coreligionnaires vivant en France ou au Proche-Orient (n’excitons pas la populace !) des moqueries, des mises en garde, des conseils pour préparer son départ et sa montée (vous comprenez ?).

DES FAUX NEZ

En lisant, en 2012, qu’un juif tunisien en appelle au parti islamiste Ennahda pour que des extrémistes arrivent à se contrôler et à ne pas hurler à la mort, on se demande s’il ne s’agit pas de second degré et si cette belle lettre dégoulinante de bons sentiments n’est pas un piège plein de mépris. Le leader du parti arrivé au pouvoir avec plus de 40 % des suffrages, a délégué à des faux nez, à des pantins dociles le soin de donner un visage respectable à la Tunisie, le temps de ramasser les aides internationales et de ne pas trop compromettre la saison touristique.

Il a eu soin de ne pas consentir à changer le texte de l’article 1 de la Constitution («Destour») qui stipule toujours que la République Tunisienne est un pays arabe et que sa religion est l’islam mais qui ne parle pas de la Charia. Et ainsi il a eu droit à des éditoriaux bienveillants dans la presse éclairée distillant la pensée unique de la rive-gauche. Ceux qui les ont écrits et publiés, n’ont pas voulu s’attarder sur le fait que l’article-1 resterait sans modification mais que l’on pourra rédiger et adopter un article placé plus loin dans le texte pour inscrire cette loi coranique dans le marbre de la Constitution. C’est aussi beau qu’une «synthèse» au Parti Socialiste.

C’est l’histoire d’un mec, un juif tunisien, bête à pleurer, comique à souhait qui intervient avec sa littérature démodée dans une histoire de méchanceté et d’obscurantisme. Et qui pourrait ne pas être «l’idiot utile» tant il paraît l’être.

Mais on vous dit ça pour que l’histoire ne vous chagrine pas trop.

Andrée Mamou

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