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Israël remporte une importante victoire diplomatique à Zurich

Jibril Rajoub : l’arbitre tortionnaire

Israël remporte une importante victoire diplomatique à Zurich (info # 013005/15)[Analyse]

Par Ilan Tsadik © MetulaNewsAgency

 

avec Sami el Soudi

 

Scène dramatique, vendredi à Zurich, lorsque Jibril Rajoub, le président de l’Association Palestinienne de Football, annonça, l’air dépité, depuis l’estrade, que sa délégation renonçait à soumettre aux voix des Etats membres de la FIFA sa proposition consistant à exclure Israël de ses rangs.

 

Rajoub expliqua que de nombreux représentants l’avaient approché afin de le dissuader de soumettre sa résolution au vote, et notamment celui de l’Afrique du Sud. Ce dernier lui expliqua que le scrutin s’annonçait "particulièrement douloureux".

 

Au moment de l’intervention du Palestinien, on savait déjà que son initiative ne passerait pas la rampe, puisque, pour qu’elle aboutisse, l’interdiction de la participation des formations israéliennes dans toutes les compétitions internationales devait recueillir 75% des suffrages des deux cents délégations présentes ; or, les fédérations européennes, au nombre de 54, avaient officieusement fait savoir qu’elles s’opposeraient à la résolution, à l’instar de plusieurs ambassades provenant de chacun des quatre autres continents. 

 

Ramallah tenta encore de soumettre au vote, dérisoire consolation, le bannissement des cinq clubs installés en Cisjordanie, mais la présidence de la FIFA barra la route à cette contre-proposition, en évoquant que ce serait à la nouvelle commission ad hoc de décider du traitement à réserver aux équipes des implantations.

 

Rajoub dut, une fois encore, se soumettre, et accepter la création de cette commission, dont la vocation consistera à traiter d’éventuelles plaintes concernant le racisme et la discrimination. Peu auparavant, joignant le geste à la parole, il avait décerné un carton rouge à l’Etat hébreu pour les humiliations dont seraient victimes les footballeurs palestiniens, allant du harcèlement aux points de contrôle, jusqu’à la taxation des équipements sportifs qui leur sont destinés.

 

Le dossierprésenté était ascétique, et visait principalement à participer à l’isolement politique de Jérusalem et non à faire avancer la cause du football, comme tout le monde, ou presque, dans la salle, l’avait remarqué, en dépit de la théâtralité du délégué palestinien.

 

L’irruption orchestrée de deux femmes dans l’enceinte du congrès, hurlant "carton rouge pour le racisme", rapidement évacuées par le service d’ordre aux aguets, ajouta à l’inconfort de nombreuses représentations.

 

Celles-ci lui préférèrent le discours modéré du président de la Fédération Israélienne, Ofer Eini, lorsqu’il s’exclama : "Laissons le soin aux politiciens de se mêler de politique !", ajoutant, à l’intention de son homologue de l’AP, "vous et moi, ensemble, joignons nos forces et pratiquons le meilleur football dont nous sommes capables dans les deux camps !".

 

Eini poursuivant : "J’espère que notre coopération marquera le début d’un processus qui, peut-être, conduira à la paix entre nos deux peuples, et qui, peut-être, les fera se rejoindre, et fera du football un facteur d’union et non de division".

 

Le président de la fédé israélienne proposa finalement une poignée de main à son homologue, que Rajoub, vu la tournée qu’avaient pris les choses, se vit presque dans l’obligation d’accepter, sous les vivats nourris de l’assistance.

 

Le succès de la contre-attaque diplomatique des Hébreux, soutenue à Zurich par des conseillers du ministère des Affaires Etrangère spécialement dépêchés sur les bords de la Limmat, n’aurait pas été complète si, buvant le calice jusqu’à la lie, le chef de la délégation de l’Autorité Palestinienne n’avait pas été également contraint d’accepter le principe d’une rencontre amicale que lui proposait l’Israélien.

 

Visiblement peu touché par la grâce de la réconciliation, le 1er ministre israélien, M. Binyamin Netanyahu, se fendit d’un communiqué cinglant après l’abandon de la proposition palestinienne, dans lequel il la décrivit comme une "provocation, uniquement de nature à repousser les chances de paix".

 

Au sein de l’exécutif israélien, on n’a guère oublié que les Palestiniens avaient instrumentalisé les stades de Gaza pour l’entreposage et le lancement de roquettes contre les populations civiles du Néguev, et qu’après la neutralisation de ces armes, l’Association Palestinienne de Football s’était plainte à la FIFA des attaques de l’aviation de Tsahal, comme si les cibles qu’elle avait visées étaient réellement réservées à des activités exclusivement sportives.

 

En Israël, on se souvient également que des membres des équipes palestiniennes de ballon rond étaient aussi des miliciens d’organisations terroristes djihadistes impliquées dans des tentatives visant à l’anéantissement de l’Etat hébreu.

 

Le choix par l’Autorité Palestinienne de placer Jibril Rajoub à la tête de son activité footballistique et de son comité "national" olympique a lui-même de quoi surprendre ; les appels à l’équité sportive venant d’un tel personnage, lourdement impliqué dans la torture systématique d’opposants palestiniens à Yasser Arafat, pouvant en effet générer des conséquences inattendues.

 

Cet "humaniste" avait pris soin de qualifier sur sa page Facebook les projets sportifs mixtes avec les Israéliens de "crimes contre l’humanité". Il avait surenchéri aux propos de Mahmoud Abbas honorant les assassins des onze athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques d’été de Munich en 1972, en affirmant que les cérémonies internationales, en mémoire des victimes, cette fois, étaient "racistes". En 2012, en qualité de chef du mouvement olympique palestinien, il avait réclamé une minute de silence en souvenir des… assassins.

 

Rajoub est connu pour être l’une des personnalités les plus corrompues de la direction de l’Autorité, qui n’en manque pas, et avait tenté, en démarchant les Israéliens, de se réserver une commission sur les importations de pétrole de l’AP qui transitent par les ports hébreux.

 

Il est d’autre part connu pour avoir dirigé les Forces de Sécurité Préventives – sortes de forces spéciales de l’AP -, qui s’étaient écroulées en quelques minutes face à l’assaut lancé contre l’OLP à Gaza, en 2007, par les forces du Hamas pourtant nettement inférieures en nombre et en dotation. Rajoub, prétextant des douleurs dorsales s’était hâtivement réfugié en Egypte, laissant les miliciens du Hamas précipiter ses officiers depuis les toits de Gaza-city. 

 

Le classement vertical de l’initiative Rajoub constitua aussi une petite victoire de consolation pour le Président de la FIFA, Sepp Blatter, qui avait activement soutenu le point de vue de Jérusalem lors des diverses réunions qu’il avait convoquées, aussi bien en tête-à-tête avec les principaux protagonistes, qu’en présence des deux camps réunis.

 

Certes, Blatter a été une nouvelle fois élu à la présidence de l’organisation faîtière du foot mondial, mais les débats ayant entouré le scrutin ont été l’occasion de hués et même d’insultes à son encontre.

 

Les trois propositions qu’il avait faites pour désamorcer la crise et retirer l’exclusion d’Israël de l’ordre du jour de Zurich avaient été acceptées par la délégation hiérosolymitaine. Il s’agissait de décerner une carte spéciale aux footballeurs palestiniens afin qu’ils ne s’attardent pas inutilement aux check-points, de renoncer à percevoir des taxes sur les équipements qui leur sont destinés, et de favoriser la construction d’infrastructures sportives à Gaza et en Cisjordanie.

 

Face au refus des Palestiniens, les émissaires israéliens se sont massivement activés afin de mettre les délégations hésitantes devant leurs responsabilités, au besoin en leur fournissant des dossiers à jour sur les agissements blâmables et dangereux de footballeurs palestiniens et de responsables de leur fédération.

 

Force est de constater que leurs efforts ont été couronnés de succès. La tentative de l’Autorité Palestinienne était détestable à tous points de vue. S’il fallait procéder par l’exclusion des pays auteurs de crimes des organisations sportives internationales, on aurait environ 190 Etats à proposer, en plus de l’entité palestinienne, avant de citer le nom d’Israël.

 

En outre, comme l’a mentionné Tamir Gilat, le vice-président de la fédé israélienne, l’Initiative Rajoub était potentiellement très dangereuse pour l’avenir de la FIFA, presque autant que les scandales qui la secouent. Si les Palestiniens avaient fait mouche, on aurait rapidement vu les Indiens exiger la radiation du Pakistan, la Corée du Sud, celle de Pyongyang, et l’Ukraine, l’expulsion de Moscou à cause de l’invasion de la Crimée.     

 

Il y a toutefois une récrimination avancée par la délégation palestinienne, et relevée par notre camarade Sami el Soudi, que nous prenons à notre compte ; il n’est pas acceptable, en effet, que le public du Beitar Jérusalem, qui n’a jamais accepté de joueurs arabes dans ses rangs, crie "Mort aux Arabes !", chaque fois qu’un Arabe israélien de l’équipe adverse s’approche du ballon.

 

Il est vrai que les mêmes énergumènes scandaient déjà le nom d’Yigal Amir quelques jours après qu’il eut assassiné le 1er ministre Itzkhak Rabin, pendant la minute de silence qui lui était consacrée sur tous les stades d’Israël.

 

On ne saurait être "un peu raciste", de même qu’il n’existe pas de bon et de mauvais racisme. Si Ofer Eini ne met pas en garde le club de la capitale contre ces agissements répugnants, s’ils se poursuivent pour quelque raison que ce soit, son organisation perdra la respectabilité qu’elle a su préserver à Zurich.

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