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Les déclarations de Golda Meir sur la guerre de Kippour divulguées

Les déclarations de Golda Meir sur la guerre de Kippour divulguées

 

 

"Je regrette de ne pas avoir appelé les réserves" avoue Golda Meir dans un témoignage sur la guerre de Kippour

Le ministère israélien de la Défense a publié jeudi le témoignage exclusif, jusqu’à présent classifié, de l'ancien Premier ministre Golda Meir à la Commission, qui a enquêté sur les actions de l'armée avant et au début de la guerre de Kippour en 1973.

Le document de 108 pages révèle que Golda Meir avait refusé de lancer une attaque préventive, le matin du 6 octobre 1973, mais regrette sa décision de ne pas avoir rappelé un plus grand nombre de réservistes.

Dans son témoignage, en avril 1974, Mme Meir, âgée de 76 ans, avoue son ignorance concernant la plupart des questions militaires et rejette l’idée que les élections nationales, prévues pour la fin du mois, aient eu une influence quelconque sur son hésitation avant la guerre.

"Mon cœur me faisait pencher pour une frappe préventive, mais j'avais peur"

"Je savais alors, et je sais maintenant, qu’il est possible, voire certain, que les soldats qui ne sont plus là, seraient encore en vie", a-t-elle reconnu, en référence à son refus de lancer une frappe préventive. "Mais je ne sais pas combien d'autres l’auraient perdu, compte tenu du manque d'équipement."

Meir déclare par ailleurs avoir dit à son cabinet qu’une frappe préventive israélienne aurait coûté au pays le soutien des Etats-Unis. "1973 n'est pas 1967 et cette fois, nous ne serons pas pardonnés, et nous ne recevrons aucune aide alors que nous en avons besoin", a-t-elle expliqué. "Je peux assurer avec 100 pour cent de certitude que le transfert aérien d'armes et de matériels n'aurait pas été fait."

"Je pense que la tragédie du jour de Kippour pourrait s’intituler 'erreurs'. Chacun de nous a fait quelques erreurs. Je ne pense pas qu'il y ait une seule personne qui puisse se lever et dire ‘je n'ai pas commis d' erreurs", a conclu la Premier ministre, interrogée devant une commission de 5 membres.

"J’en suis l’exemple vivant. Que serait-il arrivé? (...). Mais à l'époque je ne pouvais pas faire face au chef du cabinet et au chef des renseignements de l'armée. Je continue de regretter de ne pas avoir dit : 'Messieurs, appelez les réserves".

La guerre, qui a duré deux semaines et demi, a opposé une coalition arabe menée par l’Egypte et la Syrie à Israël, et a coûté la vie à 2500 Israéliens. Les armées arabes ont lancé leur attaque surprise sur la péninsule du Sinaï et le plateau du Golan, les deux zones conquises par Israël en 1967, le jour de Kippour, le plus saint du calendrier juif. Bien qu'Israël ait fini par gagner la guerre, en repoussant les armées ennemies, elle a été considérée comme un échec colossal du renseignement.

Meir a démissionné de son poste et quitté la politique en avril 1974 en disant qu'elle ne pouvait plus ignorer la colère du public.

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