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Obama, Bibi : deux approches inconciliables du problème | Harissa.com/news


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Obama, Bibi : deux approches inconciliables du problème

Obama, Bibi : deux approches inconciliables du problème (info # 010403/15)[Analyse]

Par Stéphane Juffa© MetulaNewsAgency

 

Au lendemain de l’allocution de Binyamin Netanyahu devant le Congrès, il apparaît évident que la dispute entre le président américain et le 1er ministre israélien est insoluble du fait que les deux hommes ne partent pas du même questionnement quant au nucléaire iranien. Dans ces conditions, on ne saurait attendre qu’ils proposent des solutions convergentes ou même comparables.

 

Mais d’abord, c’est ainsi qu’il faut présenter correctement les choses, on assiste à une dispute entre deux hommes, entre deux visions du monde et entre leurs conseillers réciproques. Ceux qui parlent d’une fracture entre les Etats-Unis et l’Etat hébreu n’ont pas regardé le discours de Bibi à la télévision.

 

L’Amérique, c’est la totalité des représentants et des sénateurs Républicains et les trois quarts de leurs homologues Démocrates qui ont ovationné debout le chef de l’exécutif israélien une bonne quarantaine de fois. C’est cela que pense et ressent l’Amérique à l’égard d’Israël, et, à ce propos, les relations entre les deux pays ont de beaux jours devant elles.

 

La problématique ne concerne donc pas deux Etats mais les deux responsables qui les dirigent et qui décident au jour le jour de leur politique. Or ces derniers sont éphémères ; dans moins d’un an et demi un autre décideur aura remplacé Barack Obama à la Maison Blanche ; quant à Netanyahu, il risque de subir le même sort dans moins de quinze jours déjà.

 

Dans l’entourage du président, on a répété l’appréciation selon laquelle l’intervention de l’hôte israélien n’avait qu’un caractère rhétorique. Il paraît même que M. Obama, après avoir tant fait pour qu’il soit annulé, n’aurait pas regardé le speech de son détracteur devant son propre parlement. Si on nous le dit, pourquoi ne pas le croire ?

 

Cela doit tout de même créer une bizarre sensation, pour un président U.S, de voir le chef d’un Etat étranger démolir sa politique devant les membres de ses deux chambres législatives réunies, extatiquement en faveur de la présentation qui leur est faite. Heureusement qu’Obama n’a pas regardé.

 

Netanyahu est tout de même le seul chef de gouvernement étranger – avec Winston Churchill – à avoir été invité trois fois à s’exprimer devant le Congrès et par le Congrès. Et, contrairement au Britannique, pour l’Israélien, ce n’est peut-être pas la dernière.

 

Une harangue limitée à son impact rhétorique, dit-on dans l’entourage d’Obama, - personne ne mettant en doute les exceptionnelles qualités d’orateur de Bibi -, un show pour du beurre, en quelque sorte, qui ne gênera pas le pensionnaire de la White House et ne l’empêchera pas de signer ce qui lui plaît avec l’ayatollah Rohani. Ce, notamment grâce au droit de veto présidentiel lui permettant de contourner le parlement.

 

Nous, nous disons que cela participe de l’autosuggestion de la part de l’Administration et de son chef, doublée d’une volonté évidente de marginaliser artificiellement la portée de l’évènement d’hier. Une autosuggestion basée sur une hypothèse qui nous semble fragile : l’opposition parlementaire à la signature de l’accord en gestation avec l’Iran ne réunirait pas les trois quarts des membres du Congrès.

 

Or Jean Tsadik, qui, depuis huit ans, passe tous ses étés à diriger des think tanks aux USA, est persuadé, quant à lui, qu’Obama bluffe, et qu’il sait que si le texte qu’il négocie était aujourd’hui soumis au vote des représentants et des députés, il serait rejeté par largement plus de 75 pour cent d’entre eux, neutralisant ainsi son droit de veto et lui infligeant l’un des plus grands désaveux de l’histoire des Etats-Unis.

 

Contrairement à ce qu’il laisse paraître, Obama tremble devant cette éventualité et c’est compréhensible. Le pouvoir politique américain s’en trouve comme écartelé, avec, à Washington, les législateurs qui font un authentique triomphe à Netanyahu, tandis que, simultanément, à Montreux, à 6 500 kilomètres de là, John Kerry, assisté par des experts de l’Administration, négocie avec Zarif les détails du compromis que Bibi est venu disqualifier sur la colline du Capitole.

 

Le cas est… inhabituel.

 

En fait, cela commence par un grand mensonge : même si M. Obama a encore mandaté hier un porte-voix anonyme, quoiqu’officiel, pour répéter à la presse que "les négociations que nous menons sont destinées à empêcher l’Iran de posséder la bombe atomique (…)", ce n’est pas vrai et ne l’a jamais été.

 

Cela, c’est le point de vue de Bibi et la raison de sa campagne ! Ce qu’Obama veut, c’est "gérer" pendant un temps la capacité des Perses à confectionner l’arme nucléaire, et ces deux objectifs ne sont pas du tout semblables et sont à la source du désaccord entre les deux hommes.

 

Netanyahu a raison, pour "empêcher l’Iran de posséder la bombe atomique", il est nécessaire de neutraliser ses outils destinés à la produire et signer avec les ayatollahs un contrat avec une validité de cinquante ans – une éternité pour un régime dictatorial – et non de dix ans, une heure, à l’échelle de la Terre.

 

C’était deux des trois points forts de son discours et ils sont indiscutables.

 

A ces arguments, Obama répond qu’il n’existe pas de meilleure alternative à l’agrément qu’il est en train de négocier. Il affirme que s’il interrompt les discussions, Khamenei accélérera sa course à la bombe, sans qu’aucune des trois parades envisageables soit de nature à apporter des solutions meilleures que les termes du contrat entrevu. Et le président, de citer ces trois options : une attaque militaire U.S, une opération de Tsahal ou un renforcement des sanctions.

 

Aucune de ces trois répliques potentielles, à l’en croire, ne procurerait un répit supérieur à dix ans : un nouveau train de sanctions, parce que cela ne découragerait pas les ayatollahs, et des frappes, parce qu’ils pourraient rebâtir (ou réparer) leurs infrastructures nucléaires en deux ou quatre ans, selon les spécialistes de l’Administration, avec, cette fois, la légitimité de l’Etat agressé devant se défendre face à ses ennemis.

 

Les experts de la Ména contestent à la fois cette expertise et la proposition avancée par Bibi devant le Congrès et réitérée à son arrivée à Tel-Aviv ce matin. En effet, nous avons toujours dit qu’une éventuelle opération initiale contre les installations nucléaires perses devait englober certains objectifs défensifs de l’Armée iranienne, et surtout, qu’elle devrait être suivie de "frappes d’entretien" limitées, dont le but serait de prévenir la reconstruction de la capacité nucléaire de l’adversaire.

 

Quant à lier, comme le préconise Netanyahu, l’allégement des sanctions au démantèlement dudit potentiel, sans limitation dans le temps, et en le conditionnant à un changement de politique de la part de Téhéran – spécifiquement une cessation de son ingérence dans les affaires des Etats avoisinants et de son soutien au terrorisme -, c’est effectivement un vœu pieu et une fausse solution, comme le souligne avec raison l’entourage d’Obama. Celui-ci ajoute que ce que le 1er ministre sous-entend mais ne dit pas dans sa formule procède de l’exigence d’un changement de régime chez les Perses, ce que l’Administration juge irréaliste et qu’elle ne souhaite pas. Nous reviendrons sur ce point plus tard dans notre exposé, car cela mérite que l’on s’y attarde.

 

Mais avant cela, nous avons à faire une remise en perspective qui nous paraît plus importante. Nous avançons, à Métula, que la Maison Blanche dispose de moyens de pression décisoires sur Khamenei dont elle dissimule l’existence. Des mécanismes qui n’impliquent pas obligatoirement une intervention militaire mais qui auraient plutôt la faculté d’éviter une confrontation tout en barrant la route de la bombe à la "République" Islamique.

 

Et si nous sommes si sûrs de l’efficacité de cette mesure, c’est parce que M. Obama l’a employée avec succès pas plus tard qu’en janvier 2014. Cette option est celle de la dissuasion, que personne n’évoque actuellement pour des raisons que nous ignorons.

 

Pour comprendre ce que nous prétendons, il faut se souvenir de certains faits extraordinaires que la Ména fut à nouveau la seule à relever il y a un an et demi. Souvenez-vous, suite à des fuites et à des recoupements, nous avions révélé qu’en novembre 2013, contrairement à ce qu’affirmaient les 5+1, aucun accord provisoire entre eux et l’Iran n’avait été signé à Genève. [Voir "Il n’y a pas eu d’accord avec l’Iran""Les conséquences de la duperie de Genève""Iran : maintenant il y a un accord"]

 

A cette période, Barack Obama avait présenté à l’opinion une "feuille d’information" (fact sheet) détaillant les clauses de l’ "accord" qui, certifiait-il, venait d’être convenu avec les délégués iraniens, le 22 novembre, dans la capitale lémanique.

 

Occurrence en tous points exceptionnelle, les services de M. Zarif avaient directement indiqué à la Ména que la feuille en question ne représentait que la position de Washington et qu’aucun des points qu’elle contenait n’avait recueilli leur approbation. Notre interlocuteur ajouta dans un souci de clarté : "Nous avons fait adjoindre un paragraphe spécifique à ce sujet en toute fin du document de travailnon contraignant, stipulant qu’il n’y aurait pas d’accord tant que tous les points de la discussion auraient été adoptés par les deux parties". Mieux encore, à la suite de cette discussion, l’agence de presse étatique FARS avait confirmé ce qui nous avait été dit par téléphone.

 

Preuve supplémentaire de l’inexistence de cette entente, les négociations en vue d’un arrangement intermédiaire se poursuivirent à un rythme élevé, sur les aspects techniques à Vienne, et politiques à Genève. Mais elles piétinèrent jusqu’au réveillon de la Saint-Sylvestre ; jusqu’à ce que, entre le nouvel an et les tout premiers jours de janvier, Barack Obama se décide à intervenir, pesant de tout le poids des Etats-Unis dans un ultimatum lancé à la junte théocratique perse. Nous ne sommes évidemment pas au courant des termes précis et jamais divulgués de cette mise en demeure, mais nous sommes prêts à risquer notre réputation et à affirmer qu’elle comptait quatre éléments : la menace de nouvelles sanctions dévastatrices pour Téhéran, la menace d’une intervention militaire américaine ou d’une intervention israélienne jouissant du soutien illimité des USA, et l’exigence de l’acceptation as is, telle quelle, de la feuille d’information, ainsi que l’exigence d’une réponse quasi immédiate de Khamenei, une affaire d’heures et non de jours ni de semaines.

 

Les Iraniens s’exécutèrent, probablement parce que cette initiative ne leur laissait pas d’autre choix que l’acceptation ou le suicide. Evidence supplémentaire de ce dont nous attestons, même si la charge de la preuve est déjà établie : le délai de six mois stipulé dans l’accord transitoire pour la conclusion d’une entente définitive fut fixé au 1er juillet 2014 et non au 22 ou au 24 juin. Depuis, il a été prorogé d’exactement un an.

 

Nous sommes ici convaincus qu’une nouvelle intervention directe du président des Etats-Unis, exigeant la neutralisation volontaire de toute l’infrastructure nucléaire persane à finalité militaire, présentée dans les mêmes termes et avec la même conviction qu’en janvier 2014, aurait les mêmes effets. Khamenei mettrait un genou à terre et ne risquerait pas l’anéantissement de son régime pour mener à son terme son aventure nucléaire. Ce, car à cette date et en d’autres occasions, il a montré qu’il n’était pas kamikaze.

 

Le problème réside en cela que le pensionnaire de la Maison Blanche n’a pas l’intention de s’impliquer à nouveau et à ce niveau de risque pour obtenir la destruction de l’appareil nucléaire de la révolution khomeyniste. Et cela, ça n’est pas un secret, puisque cela transparait dans le document transmis mardi à la presse par le messager officiel d’Obama ; plus particulièrement dans l’étonnante assertion suivante : "L’exigence de Netanyahu pour le démantèlement complet de l’infrastructure nucléaire de l’Iran ne serait pas seulement inacceptable pour l’Iran mais aussi pour les autre pays impliqués dans les négociations : l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine".

 

Ah vraiment ? Nous, de nous demander quel serait l’intérêt de ces pays de préserver la capacité de la dictature chiite de produire des bombes atomiques - ainsi que des missiles pour les transporter, ayant la portée nécessaire à les atteindre et, bientôt, celle nécessaire à rejoindre l’Amérique ? En attendant de le leur demander, sous le coup de la surprise, nous ne pouvons qu’en déduire les intentions de Barack Obama.

 

Ce dernier considère vraisemblablement l’Iran comme un partenaire potentiel, tandis que Netanyahu le tient pour un ennemi irréductible. Les actes hostiles passés de Téhéran, dont l’assassinat de centaines de soldats américains, de même que les menaces itératives d’anéantir Israël, et l’intention affichée par le Guide suprême de posséder "190 000 centrifugeuses" donnent du grain à moudre à ceux qui s’interrogent quant aux finalités poursuivies par l’actuel président.

 

D’autant plus que son officiel anonyme a lui-même précisé : "Nous sommes d’accord avec ce qu’il [Netanyahu] a dit à propos de l’implication de l’Iran dans la terreur et des autres choses négatives que fait l’Iran (…)".

 

Conscients de ce que Téhéran contrôle désormais Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa ? De ce que la constitution iranienne en vigueur implique l’exportation de la révolution khomeyniste et le djihad mondial, comme l’a évoqué le 1er ministre lors de son adresse ?  

 

Netanyahu exige-t-il un renversement de la dictature théocratique chiite contre la levée des sanctions, comme l’affirme l’entourage d’Obama. Non, assurément. Il se satisferait de voir le régime en place interrompre son soutien au terrorisme et abandonner ses entreprises impérialistes aux portes d’Israël.

 

Mais cela équivaut effectivement à demander à ISIS d’abroger la peine de mort, au Hamas de se mettre à l’agriculture, à Kim Jong-un de nourrir correctement les Coréens ou au Hezbollah de devenir démocratique. Cela ne se peut pas, car ce faisant, ils perdraient leur identité, leurs marques de fabrique et leur raison d’être.

 

C’est précisément ce qui fait de ces Etats et de ces entités des ennemis des valeurs communes aux Etats-Unis, à Israël et à bon nombre de pays développés. L’ennemi est celui qui répond à deux critères : il vous menace et ses valeurs sont organiquement incompatibles avec les vôtres.

 

Leur permettre d’accéder à la bombe atomique, même dans dix ans, et surtout si vous avez les moyens de les en empêcher (pour la Corée, à cause d’une cascade d’erreurs, c’est déjà trop tard) sans déclencher une troisième guerre mondiale, procède d’une aberration et d’un refus de prendre ses responsabilités.

 

Sûr que Bibi préférerait voir un régime démocratique à Téhéran, pas vous ? Mais il s’est contenté d’énoncer trois conditions pour cohabiter pacifiquement avec la dictature actuelle, dont la neutralisation des installations nucléaires et la non-limitation à dix ans d’un accord.

 

Ceci dit, la signature d’un traité avec les ayatollahs ne concerne pas uniquement le 1er ministre hébreu et le pays qu’il représente. Or si la négociation aboutit, cela impliquera le contraire d’une révolution menant à un changement de régime en Iran ; j’entends par là une consécration de la junte aux affaires, une poursuite de l’exécution des homosexuels, des membres des minorités, des femmes réputées infidèles, des opposants politiques et même des poètes.

 

Cet accord signifierait l’abandon des Iraniens à leur triste sort, et cela est bien pire, de la part du chef du monde libre, que d’œuvrer en faveur du remplacement par la démocratie des assassins moyenâgeux qui ont soumis la Perse. Barack Obama a accepté, depuis juin 2009, lorsqu’il demeura muet face aux massacres qui suivirent la réélection frauduleuse d’Ahmadinejad, de doter les ayatollahs criminels d’un filet de protection et même de les associer à la conduite de notre sous-continent. Maintenant, il permet qu’ils possèdent l’arme atomique, dans dix ans, afin de soutenir leur politique. C’est l’histoire qui jugera. C’est l’histoire qui le jugera.

 

La troisième condition de Netanyahu consistait à énoncer, lors de son discours d’hier, qu’Israël se défendrait seule si nécessaire, c’est-à-dire si, envers et contre tout, la théocratie barbare reprenait sa marche vers la bombe. Nous, de préciser qu’elle en a les moyens. Si le traité que négocie John Kerry – l’homme qui a réuni, l’été dernier, une conférence à Paris dans le but de mettre un terme à Rocher Inébranlable, en invitant les bailleurs de fonds du Hamas, les Turcs et les Qataris, mais pas Israël, ni l’Egypte et l’Autorité Palestinienne -, aboutit, que celui-ci passe la rampe du Congrès, et que Khamenei l’enfreigne, il verra de quel bois se chauffent ceux qu’il appelle les termites. Et les termites jouiront du soutien inconditionnel du Congrès. Ce serait le plus petit résultat que Netanyahu aurait ramené de ses vacances à Washington et ce serait déjà pas mal.  

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