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Sergio Bergman, premier rabbin à siéger au sein du futur parlement argentin

Sergio Bergman, premier rabbin à siéger au sein du futur parlement argentin

 

 

Les Argentins qui se rendront aux urnes en octobre à l'occasion du scrutin législatif ne sauront pas forcément quelle est la profession du candidat du parti de centre droit, PRO (Propuesta Republicana), Sergio Bergman. Et pour cause, une cour de justice locale a décidé de ne pas inscrire le titre de ce proche du maire de Buenos Aires, Mauricio Macri, sur le bulletin de vote afin de ne pas « influencer favorablement » les électeurs. Dans son pays, Sergio Bergman s'est pourtant fait connaître comme le « rabbi ». Après avoir été élu tête de liste de la formation PRO le 20 juin dernier, il sera de facto le premier rabbin dans l'histoire de la jeune démocratie, à siéger dans l'hémicycle du futur parlement argentin.

  Âgé de 51 ans, ce diplômé de pharmacie et de biochimie de l'université de Buenos Aires, devenu éducateur, est passé par les rangs du Hebrew Union College de Jérusalem, où il a été ordonné rabbin. Il n'en est pas à son coup d'essai dans l'arène politique. Rabbin de la synagogue Libertad, la plus ancienne de la ville (1897), Sergio Bergman a été élu en 2011, avec 45% des suffrages, au conseil municipal aux côtés de Mauricio Macri. Ce dernier, l'un des détracteurs les plus virulents de l'actuelle titulaire du poste, Cristina Kirchner, a annoncé son intention de se présenter aux présidentielles de 2015. Pour sa part, Sergio Bergman fait campagne sur un programme axé sur la « paix sociale » et la lutte contre les inégalités.

L'antisémitisme « qui se cache derrière l'antisionisme »

Mais le rabbin a aussi fait connaître son indignation suite à l'accord conclu en début d'année entre l'Argentine et l'Iran dans le but de mener une enquête conjointe autour des deux attaques terroristes de Buenos Aires lancées contre l'ambassade d'Israël en 1992 et contre le centre de la communauté juive (AMIA) en 1994 - la plus meurtrière jamais perpétuée dans le pays : 85 morts. Ce vendredi 5 juillet, le pape François devait rencontrer au Vatican, les familles des victimes de l'attentat.

« Personne ne peut expliquer ce qui se cache derrière cet accord (...) Il s'agit d'un pacte inacceptable avec le régime fondamentaliste soutenant la terreur, qui a perpétué - comme le montrent les premiers éléments de l'enquête - les deux attaques terroriste (...) Le ministre des affaires étrangères joue le jeu de l'Iran, le parlement argentin a voté en faveur de cet accord, contrairement au parlement iranien, puisque seul Ahmadinejad l'a ratifié », a récemment confié le rabbin au quotidien israélien Haaretz. Lui qui a fondé l'association « Active Memory », un groupe défilant tous les lundis depuis une décennie afin de demander justice pour les des victimes du centre communautaire juif, a encore ajouté : « Cet accord est une insulte à la mémoire des victimes ».

Sergio Bergman a par ailleurs exprimé son désaccord vis-à-vis du gouvernement israélien qui ne reconnaît pas, ou de manière insuffisante à ses yeux, la légitimité des courants conservateur et réformé du judaïsme, deux mouvances dont le rabbin se réclame. Dans un pays qui compte 200.000 citoyens de confession juive, la tête de liste du PRO a enfin dénoncé « l'antisémitisme qui se cache derrière l'anti-sionisme », ainsi que « les ambassadeurs de l'Iran, à commencer par le Venezuela, qui tente de "conquérir" le continent latino-américain au travers d'un déni de l'Holocauste et d'une idéologie axée autour de la destruction d'Israël ».

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