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Fleur, ma Fleur, par Emile Tubiana

Fleur, ma Fleur, par Emile Tubiana
 

 

 

La fidélité dépend de son caractère, de ses origines et de son éducation, et en finale elle dépendra surtout de l'homme et de la façon dont il traitera sa femme.

IL était une fois un riche commerçant qui se nommait Henri. Il vivait avec sa jeune femme dans une somptueuse villa. Un jour il ne se sentit pas à l'aise et rentra à la maison plus tôt que d'habitude. A sa surprise il trouva sa femme allongée sur son lit avec un autre homme. Sans se fâcher il pria le bonhomme de quitter sa maison et de prendre sa femme avec lui. Henri devint soupçonneux et ne voulait pas se marier à nouveau.

Quelques années passèrent, Henri finit par se calmer du choc qu'il avait eu et finit par trouver une nouvelle femme, qui se nommait Fleur. Celle-ci lui paraissait honnête et innocente et elle n'avait que seize ans. Deux années passèrent sans incident aucun. Un beau jour il était invité à déjeuner dans un village voisin, chez un homme d'affaires. Cet homme d'affaires avait invité Henri chez lui à la maison, afin d'avoir une discussion dans une atmosphère agréable. Les deux hommes d'affaires s'installèrent dans une chambre réservée pour ce genre de visites et commencèrent à discuter des affaires qui les concernaient. Lorsque l'heure du repas arriva, la servante mit la table et invita tout le monde à table. A la grande surprise d'Henri, sa femme, Fleur, entra dans la salle à manger, ne sachant pas que l'invité de son amant était bien son propre mari. Cette fois-ci l'affaire n'était pas si compliquée.
L'hôte introduisit Fleur à Henri sans savoir qu'il introduisait Fleur à son propre mari. Henri absorba ce choc en silence et se conduisit comme si rien n'y était. A la fin du repas, Henri, qui venait de signer un contrat avec son hôte, se leva et dit à haute voix :

« Si cela ne vous dérange pas, je voudrais que votre charmante épouse ajoute sa signature à ce document, afin d'être rassuré pour la durée du contrat. »
« Evidemment, » dit Charlot et à son tour, il dit à Fleur :
« Chérie, veux-tu signer ce document, afin qu'Henri se sente plus à l'aise? » Fleur, qui était bouleversée de cette rencontre, appliqua sa signature sans dire un seul mot. Henri, qui cachait son désarroi, n'osait pas dévoiler la vérité à son collègue d'affaires, car il jugeait que son collègue n'y était pour rien, puisqu'il ne savait pas que Fleur était sa femme.

Henri divorça Fleur sans que celle-ci puisse s'y opposer. Il resta seul, sans se remarier pendant deux années, après quoi il fit la connaissance d'une pauvre femme enceinte qui venait de perdre son mari. Celle-ci avait l'air d'être très chagrinée. Lorsqu'Henri la vit dans cet état, il eut pitié d'elle et lui dit :

« Chère madame, je comprends votre tristesse et votre désarroi. Si vous me permettez, je voudrais bien venir à votre aide. Henri lui tendit une petite bourse contenant une somme non négligeable et la pria de venir le voir à sa maison plus tard, lorsque sa tristesse aurait diminué et qu'elle se sentirait plus à l'aise.

Depuis, quelques semaines passèrent, la pauvre femme se rappela d'Henri et de ce qu'il lui avait dit. Elle mit sa meilleure toilette et se pointa à la maison de cet homme généreux. Quand Henri ouvrit la porte, sa joie été grande de revoir la veuve. Après lui avoir servi une tasse de thé, Henri dit à la veuve :

« Madame, je vais pouvoir vous aider, mais j'ai une demande à vous faire. La femme, croyant qu'Henri voulait l'épouser lui dit :

«  Vous m'avez aidé dans les moments les plus durs, je vous accorderai tous ce que vous désirez. » Henri, d'une voix triste, répliqua :
«  Ma chère dame, je vous donnerai une fortune si vous me cédiez le bébé qui va naître, si ce bébé serait une fille. » La femme qui était désespérée accepta l'offre et dit à Henri :
« Faites le contrat et je vous le signerai. »

Quelques jours plus tard, la veuve signa un contrat avec Henri, avec les termes suivants:

« Si le bébé sera une fille, la veuve touchera un sac de dinars qui aura le poids du bébé lorsqu'elle sera à l'âge de six mois. » Après que le contrat a été signé, Henri fit construire une maison avec à l'intérieur un grand jardin entouré d'une haute muraille. A sa chance, la femme accoucha d'une fille. Lorsque celle-ci avait atteint l'âge de six mois, Henri paya la maman et emporta le bébé chez lui. Il l'appela Fleur en souvenir de sa deuxième femme. Il s'était dit :

« Je l'éduquerai à ma façon et ensuite je la marierai, ainsi elle ne connaitra personne et ne pourra pas me tromper. » Quand la fille grandit, elle demanda à Henri :

« Mais où vas-tu tous les jours? » Henri lui répondit :
  « Fleur, ma Fleur, il faut bien que l'on se nourrisse » Puis Fleur, qui grandissait et était très intelligente, dit à son mari:
  « Henri, es-ce que nous sommes seuls aux monde? » Henri répondit :
« Fleur, ma Fleur, nous sommes les seuls de notre espèce et dehors il y aussi des animaux sauvages. »
Fleur, qui voulait savoir pourquoi il sortait tous les jours, interrogea à nouveau Henri. Celui-ci répondit d'un ton soucieux :
« Fleur, ma Fleur, je vais cueillir des fruits et des légumes. Fleur était satisfaite de la réponse d'Henri et ajouta :
« Henri, prends-moi avec toi! »  Henri répondit :
« Fleur, ma Fleur, je vais très loin de la maison et je ne pourrai pas te prendre avec moi, car il y a le danger des animaux sauvages ». Fleur, qui ne pouvait pas douter des dires d'Henri, accepta sa réponse calmement et se mit à faire ses devoirs. Un beau jour et en l'absence d'Henri elle avait écrit sur un petit morceau de papier, ces quelques mots :

  « Je m'appelle Fleur et mon mari s'appelle Henri ». Fleur mit le petit morceau de papier dans le chapeau de son mari. Après quelques jours elle trouva un autre morceau de papier dans le chapeau de son mari, qui disait :
  « Fleur, ma chère Fleur, depuis que je t'ai lue je ne dors plus de chagrin. »
Depuis, une correspondance quotidienne s'entama entre le portier qui était jeune et Fleur. Tous les matins le portier accueillait Henri à l'entrée de son bureau. Celui-ci ôtait le chapeau d'Henri à l'arrivée. Un beau jour le portier qui s'appelait Gaston suivit discrètement Henri et nota la direction et l'endroit de la maison. Celle-ci était loin dans une forêt et était invisible à l'œil pour qui ne connaissait pas la région.

Un jour, après avoir vidé le chapeau, Gaston demanda à Henri d'avoir un jour de congé, en prétendant qu'il ne se sentait pas bien. Henri, ne doutant pas du malaise de Gaston, lui permit de rentrer chez lui. Le soir, lorsque Henri apparu à sa maison, il trouva Fleur dans les bras de Gaston. Henri était très furieux, car il ne comprenait pas comment ces relations avaient commencé et demanda à Fleur une explication. Fleur, qui ne comprenait pas pourquoi son mari était fâché, lui dit toute la vérité. Henri, peiné de son sort dit à Fleur:

  « Fleur, ma Fleur, mon chapeau est la poste et moi le facteur.» 
C'est une histoire qui m'avait été racontée par mon père, pour m'expliquer qu'en attachant une femme à la maison elle ne devient pas plus fidèle.

 

Emile Tubiana

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