Share |

L’antisémitisme en Tunisie, cet enfant bâtard de la révolution du jasmin

 

L’antisémitisme en Tunisie, cet enfant bâtard de la révolution du jasmin

 

 

Ce jeudi 24 janvier 2013, le cimetière juif de Sousse a été profané. Ce n’est pas une première. Depuis la chute du régime, les actes antisémites sont de plus en plus nombreux, même si certains médias locaux les occultent. Plusieurs synagogues ont été saccagées, notamment celle de Sfax. Mais aussi une vingtaine de mausolées, dont celui de Sidi Bou Saïd récemment. Actes isolés pour certains, véritable lame de fond pour d’autres. Rétrospective d’un phénomène jusqu’alors étranger aux Tunisiens.

Pour Tunisie-Secret, comme pour tous les compatriotes qui se souviennent encore de leur tunisiannité, le juif est plus tunisien que ces islamistes « modérés » et que ces salafistes venus des bas fonds du wahabisme obscurantiste. Un islamiste n’a pas d’appartenance nationale. Il se sent beaucoup plus proche d’un islamiste du Hamas, d’un frère musulman d’Egypte, d’un taliban d’Afghanistan, que d’un socialiste de Tunisie. A plus forte raison d’un juif, qui incarne pour certains musulmans en général et pour les islamistes en particulier, l’ennemi par excellence. L’ennemi dont il faut débarrasser l’humanité. Une fixation pathologique qui s’abreuve beaucoup plus des marécages d’une idéologie allemande de sinistre mémoire que de la haute spiritualité de l’Islam, inaccessible pour ces barbares et ces incultes. 

Des signes avant-coureurs 

Depuis la glorieuse révolution du jasmin, des signes avant-coureurs annonçaient cette dérive antisémite en Tunisie, terre de la tolérance et du dialogue des religions sous le règne de Bourguiba et de Ben Ali. Après le printemps arabe, parce qu’ils n’impliquent pas de droits d’auteur, certains éditeurs ont fait de « Mein Kampf » et des « Protocoles des sages de sion » un commerce bien juteux. Et pour cause : il y a beaucoup de demandes. Ces deux torchons nauséabonds étaient en vente libre dans tous les pays arabes, à l’exception de la Tunisie et du Maroc. Autres signes avant-coureurs, les dizaines de prédicateurs étrangers, des wahabites ou des salafistes ou des islamistes « modérés », qui sont venus apprendre aux Tunisiens leur « véritable » religion. Invités par qui ? Par Rached Ghannouchi, et reçu au palais de Carthage par le « militant des droits de l’homme », Moncef Marzouki ! Autres signes avant-coureurs, les croix gammées que l’ont constate dans certaines manifestations à Tunis et ailleurs, les manifestations étant devenues le sport favori des Tunisiens depuis le 14 janvier 2011. La croix gammée a remplacé la poigne fermée de l’organisation serbe OTPOR, instructrice et inspiratrice du printemps arabe. Sans parler des prêches officiels des imams "modérés" dans les mosquées de la République post-révolutionnaire. 
  
Signe avant-coureur aussi, l’accueil que certains tunisiens ont réservé à Ismaïl Haniyeh, le grand gourou du Hamas, que le roitelet du Qatar soutient contre l’OLP, en même temps qu’il finance la construction de certaines colonies israéliennes ! A l’aéroport de Tunis-Cathage, il a été accueilli aux cris « Tuer un juif est un devoir ». Quelques journalistes tunisiens ont eu le courage de relater ce slogan abject, mais la presse française a fait semblant de ne rien voir et de ne rien entendre. Trop dangereux pour l’image du sacro-saint printemps arabe dont on a encore besoin pour anéantir la Syrie et déstabiliser l’Algérie. 

Comme autrefois en Allemagne hitlérienne, si tu laisse faire contre le juif, demain viendra ton tour 

Selon nos informations, c'est dans la nuit du 22 janvier que le cimetière juif de Sousse a été visité par des criminels et des fanatiques. La profanation des tombeaux, qui n’est pas une première, s’inscrit donc dans cette vague wahabite et islamo-fasciste qui traverse une partie de la société tunisienne. Il en va de même des marabouts –plus d’une vingtaine jusqu’à présent- auxquelles des bandes de criminels organisés s’en prennent car, même morts, ces mystiques donnent des cauchemars aux islamo-fascistes. On apprend à l'instant (minuit) que le mausolé de Sidi Mezri à Monastir vient d'être attaqué et que les criminels ont été dissuadé par les habitants de Monastir. Aujourd'hui encore (24 janvier), un mausolé à Matmata et un autre à El-Hamma ont été endomagé. 

Si les Tunisiens ne retrouvent pas leur esprit et si la société civile ne réagit pas, ce n’est pas aux tombeaux qu’ils vont s’en prendre, mais à nos compatriotes juifs, à leurs commerces, à leurs biens et même à leurs vies. Si les Tunisiens ne réagissent pas unanimement contre ce cancer qui ronge le pays, c'est eux qui en paieront les frais plus tard. Que l'on se souvienne de la chasse aux juifs en Allemagne, qui a été suivie par la chasse au communiste, puis par la chasse au tziganes, puis... 

En attendant les communiqués des ambassades américaine et française en Tunisie -si sensibles à la question des droits de l'homme- condamnant fermement la profanation du cimetière juif de Sousse, voici pour les lecteurs de Tunisie-Secret, qu’ils soient tunisiens ou étrangers, juifs, chrétiens ou musulmans, un Hadith du Prophète. 

Il était encore à Médine, assit devant chez lui (la mosquée), en compagnie de ses amis, lorsqu’un cortège funéraire est passé. Mouhammad s’est alors levé, mais Abu Bakr l’a pris par son costume en lui disant, « c’est un juif ô Envoyé de Dieu ». Et au Prophète de l’Islam de répondre : « Sa foi n’est pas inférieure à la tienne, même s’il s’agit d’un juif ». 

Un Hadith que nous avons découvert sur la page facebook d'un célèbre philosophe tunisien, qui est à méditer en ces temps de décadence culturelle, de déchéance morale et d’obscurantisme islamiste. 
Tunisie-Secret.com 
K.M.

Contenu Correspondant