Rebbi Yossef El Maarabi et les pèlerins d’El Hamma de Gabès

Après la révolution tunisienne, des informations alarmistes sont venues d’El Hamma de Gabès, lorsqu’une tentative d’incendie et de profanation avait visé le mausolée de Sayed Yossef El Maarabi.

Une hiloula au temps de Hannouka

Heureusement, les vandales n’ont pas ravagé ce mausolée lors de cet assaut du 13 janvier 2011 lorsque le pays était en pleine tourmente.

Il faut le souligner: nombreux sont les pèlerins de la Ghriba qui feront un crochet par El Hamma pour honorer le saint personnage dont la tombe se trouve dans cette oasis non loin de Gabès.

Quant au pèlerinage proprement dit, il a coutume de se dérouler pendant les fêtes de Hannouka, précisément le premier dimanche de Hannouka, la fête des Lumières, généralement au mois de décembre.

Un grand rabbin du seizième siècle

Al Maarabi est un rabbin du seizième siècle et, jusqu’aux années soixante, on venait de tout le sud tunisien pour honorer sa mémoire.

Son pèlerinage avait lieu pour Rosh hodesh tevet et réunissait de nombreux fidèles qui se recueillaient sur sa tombe, y allumaient des bougies et échangeaient des vœux dans une atmosphère festive qui se propage aussi aux bains chauds d’El Hamma.

Disciple du kabbaliste Haari Zal, Rebbi Al Maarabi serait la réincarnation de Rebbi Yossi, lui-même disciple de Shimon Bar Yohai dont la hiloula symbolique a lieu à Djerba, en même temps que le pélerinage de la Ghriba.

Si de nos jours, les visites continuent à El Hamma, elles se perpétuent également dans la localité israélienne de Ramleh, au centre du pays, où le mausolée de Rebbi Al Maarabi a été reconstitué. A Paris aussi, précisément à Sarcelles, les juifs émigres du sud tunisien continuent à célébrer la mémoire du rabbin d’El Hamma.

Une légende célébrée sur trois continents

Une aura de légende entoure les bienfaits de Rebbi Yossef El Maarabi. Ce « tsadik » de la tradition juive avait le don de rendre leur fertilité aux femmes stériles. On raconte qu’un char nazi qui cherchait à démolir sa sépulture pendant la Deuxième Guerre mondiale fut englouti par le sol friable et demeura embourbé.

On raconte aussi qu’il apparut en rêve au curateur de son mausolée qui hésitait à quitter El Hamma de peur de voir le mausolée délaissé. Le rabbin lui conseilla de partir en affirmant que le jour où plus personne ne prendrait soin de sa tombe, les sources d’eau chaude s’assècheront.

Telle est la légende de Rebbi Yossef el Maarabi dont le pèlerinage se déroule encore en trois lieux différents, et sur trois continents, le premier dimanche de Hannouka…

Commentaires

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47 années 5 mois
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Natif de Gabes et ayant vecu a Gabes de 1938 a 1961, j`ai bien connu El Hamma. Nous y allions chaque annee. Petits ma soeur et moi  installes dans une petite charette que mon pere attelait a son velo et pedalait de Gabes a El Hamma.Plus tard c`est en caleche que nous nous y rendions.

'' On raconte qu’un char nazi qui cherchait à démolir sa sépulture pendant la Deuxième Guerre mondiale fut englouti par le sol friable et demeura embourbé.''

Le char allemand est reste jusqu`a l`independance de la Tunisie.Il n`a pas ete englouti mais  a  simplement arrete sa progression devant le mausolee.

Beaucoup de musulmans ( berberes mais pas arabes ) participaient a la  '' restauration de la fertilite ..''

Souvenirs de Gabes - El Hamma

andre.levy@013net.net

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