Ali Riahi - Ya Chaghla Bali

Ali Riahi - Ya Chaghla Bali

 

Ali Riahi Chohrour El Khadhra

Qu'est ce qui peut pousser ce beldi, fils d'une grande famille bourgeoise de la Marsa à transcender les conventions et les préjugés de son époque, pour assumer sa vocation de Fanen ? La passion bien sûr, mais surtout le désir d'emprunter des itinéraires nouveaux et se sentir exister à travers la musique et le chant, au risque de choquer son entourage attaché aux valeurs traditionnelles.

 

Le jeune Ali Riahi vécut dans le sérail des conventions, entouré par la sollicitude de parents érudits et mélomanes. Un univers privilégié, où le raffinement et l'opulence compensaient le cours d'une enfance ordinaire. Est ce son désir d'assouvir son goût de l'aventure, ou celui de franchir des seuils interdits, qui l'incita à emprunter ce parcours aléatoire d'artiste bohème ? Son itinéraire d'enfant rangé, ne laissait en rien deviner ses aspirations artistiques et c'est dans le plus grand secret, qu'il se rendait à la sortie des classes, au club musical qu'animait le luthier Abdellaziz Jemaîel dans son arrière-boutique, pour s'initier aux maqamets et au chant. Dans l'intimité de sa chambre, il imitait ses vedettes favorites, Mounira Mahdia, Om Kalthoum et Mohamed Abdelwahab, ou alors, se laissait griser par la voix monocorde du phonographe, qui égrenait les voix de cheikh Essafti, ou Sayed Derouich Sous le pseudonyme de Fethi Riahi, il débuta sa jeune carrière en se produisant dans d'anonymes formations musicales, avant d'affronter pour son premier gala, le public du Palais des Sociétés Françaises.

Fanen, il s'appliquera tout au long de sa carrière à véhiculer le souffle d'une musique Tunsi, imprégnée de modernité ; chantant une poésie courtoise, faite de parfum délicat et de subtile évocation. Par le look extravagant de ses costumes de scène, il déconcertait son public, offrant l'image d'un dandy anticonformiste, un artiste inclassable, mais sincère et authentique. Ce chanteur tunisois, citadin par excellence, composera plusieurs chansons d'inspiration bédouine ; un univers bucolique, qui révélait son attachement aux valeurs sublimées d'une société campagnarde et au goût de la liberté. Artiste raffiné et exigeant, il jouissait d'une popularité qui s'étendait par-delà les frontières du pays, notamment au Maroc, Libye, Paris, Alger, où il récoltait de véritables triomphes à Dar El Opéra et au Caire, où il chanta en présence de Mohamed Abdelwahab. Comme tous les saltimbanques, il espérait mourir sur scène, en chantant. Son vœu sera exaucé : la nouvelle alarmante fit le tour de la capitale, en cette soirée du 26 mars 1970, Ali Riahi venait de succomber à une attaque cardiaque sur la scène du théâtre municipal de Tunis.Discret, Chohrour El Khadhra s'éclipsait sans bruit, laissant auprès de son public inconsolable, l'image d'un artiste romantique à la voix de vermeille.

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48 années 11 mois
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YA HASRA !

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