KALICE, par Robert Belhassen/Blassin

KALICE, par  Robert Belhassen/Blassin

 

 

Qui se souvient de Kalice ou voiture de place à Tunis au bon vieux temps ?
Muni de 2 grosses roues en bois a l'arrière cerclées de caoutchouc et d un essieu mobile à l'avant, la calèche, tirée par deux chevaux débonnaires, avait aspect avenant et confortable d un fiacre royal.

Elle pouvait promener six ou sept personnes, dont le cocher. Celui ci , juché sur son siège surélevé, coiffé d une belle casquette, les brides dans une main, le fouet dans l autre, était le maître à bord. Il fallait mériter la place près de lui !

Le fouet, le plus souvent, se contentait de tournoyer sans atteindre les chevaux. En effet, le trajet se faisait au petit trot ou au pas, sur des injonctions orales. Les ordres, connus de l attelage étaient ; Ho! Pour s'arrêter ou un son guturral pour démarrer, du genre, Njekh, ou Hue ! Pour reculer ; Ouekheur !

En fin de promenade, sur la place du Passage à Tunis, un sac empli d orge récompensait le cheval. Muni d'une anse, il était enfile sur son encolure, ce qui lui permettait de manger a sa guise.

Sur le chemin, si le caoutchouc d une roue se cassait, le cocher le reparaît, illico par du fil de fer. Le fil de fer était la pièce de rechange la plus utilisée.

Parmi mes souvenirs, une habitude sympathique était la promenade de l après midi de la Bar Mitzva. Nous louions cette calèche pour l après midi pour un aller retour à l'Ariana, proche banlieue, de Tunis.

Une autre anecdote : l essieu arriere de la calèche pouvait servir de siège clandestin. Un passant malveillant criait au cocher : Scourié ! Et celui ci d in coup de fouet arrière, chassait l intrus.

Puis, un jour apparurent les Bébés taxis, 4ch Renault, rouges et blancs et la calèche se fit de plus en plus rare.

Adieu Kalice !
Robert Belhassen/Blassin

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