Les nazis en Tunisie : Biens volés, travail forcé et le "miracle" de Djerba
En Tunisie, la communauté juive s'étendait sur quelques villes, la majorité vivant dans la capitale, Tunis. Politiquement et intellectuellement diverse, cette communauté comprend alors aussi bien des sionistes, des socialistes et des communistes.
Nadia Nakash est la fille d'une rescapée de la Shoah originaire de Gabes, dans le sud de la Tunisie, près de l'île de Djerba. Elle se souvient que ses parents, bien qu'au courant de la guerre en Europe, n'avaient pas conscience de son niveau d'horreur.
"Les gens menaient une vie simple et cherchaient à vivre normalement et à pratiquer leur religion", se souvient-elle. Dans de nombreux cas, ajoute-t-elle, juifs et les Arabes vivaient dans les mêmes quartiers.
L'hostilité montante contre la communauté juive va culminer avec le pogrom de Gabes, lors duquel sept juifs sont tués par d'autres habitants de la ville. Cette hostilité s'intensifiera après l'invasion de la Tunisie par l'Allemagne, en 1942, plaçant la communauté juive sous occupation nazie directe — une exception dans la région du Maghreb.
Environ 5 000 hommes juifs tunisiens sont envoyés dans des camps de travail, tandis qu'une vingtaine d'activistes politiques juifs sont envoyés dans des camps de concentration et d'extermination en Europe.
Les juifs voient également leurs biens pillés. Sur l'île de Djerba, les soldats nazis ordonnent à la communauté juive locale de collecter 50 kilos d'or en à peine trois heures, sous peine de faire exploser les quartiers juifs.
Après 43 kilogrammes d'or amassés, les nazis prolongent la collecte d'un jour. Mais le lendemain, les forces alliées libèrent Djerba. Cet événement est aujourd'hui encore appelé par les juifs de l'île le "Miracle de Djerba".
