Lamine Bey, dernier souverain husseinite de Tunisie
Lamine Bey, dernier souverain husseinite de Tunisie (1943-1957), a été déposé le 25 juillet 1957 lors de la proclamation de la République par Habib Bourguiba. et il a été forcé d'Abdiquer , sa fin de règne est marquée par une "trahison" politique, emprisonné et dépouillé avec sa famille. Avec le recul du temps et à la lumière de nombreux témoignages et travaux historiques, il apparaît évident que Lamine Bey fut une figure importante de l’histoire tunisienne. Homme discret, attaché à son pays, il joua un rôle réel dans la période décisive qui mena la Tunisie vers l’indépendance, en soutenant les négociations et les acteurs du mouvement national.
Pourtant, après la proclamation de la République en 1957, sa mémoire fut progressivement reléguée dans l’ombre. Détrôné, marginalisé avec sa famille, il devint peu à peu un personnage absent du récit national officiel. Cette mise à l’écart soulève encore aujourd’hui de nombreuses interrogations : pourquoi le dernier bey régnant reste-t-il si peu reconnu dans notre mémoire collective ? Pourquoi son rôle historique continue-t-il d’être minimisé ?
Alors que plusieurs figures de l’histoire contemporaine tunisienne ont vu leur mémoire honorée à travers des avenues, des monuments ou des hommages publics, Lamine Bey demeure l’un des grands oubliés de notre patrimoine mémoriel.
Au-delà de sa personne, cette question révèle notre rapport parfois difficile à l’histoire. Depuis l’indépendance, chaque période politique a souvent tenté d’effacer ou de minimiser celle qui l’avait précédée. Cette logique de l’effacement a contribué à créer une mémoire incomplète, parfois sélective, où certaines figures et certaines contributions ont été volontairement laissées de côté.
Reconnaître aujourd’hui le rôle de Lamine Bey ne signifie pas réécrire l’histoire, mais au contraire lui redonner toute sa complexité et sa vérité. Il ne s’agit ni de nostalgie ni de révisionnisme, mais simplement d’un devoir de mémoire envers tous ceux qui ont participé, chacun à leur manière, à la construction de la Tunisie moderne.
Il appartient désormais aux historiens de poursuivre ce travail de réhabilitation historique, mais aussi à la société tunisienne de renouer avec toutes les dimensions de son passé, sans exclusion ni oubli.
Le 30 septembre demeure une date importante de notre histoire nationale, bien qu’elle soit aujourd’hui largement oubliée. Ce jour-là, en 1962, disparaissait Lamine Bey, dernier souverain husseinite de Tunisie, qui repose désormais au cimetière Sidi Abdelaziz à La Marsa. Car un peuple qui oublie une partie de son histoire finit toujours par fragiliser sa propre mémoire collective.
