Historien, juif résistant face aux Nazis… Qui est Marc Bloch, qui entre au Panthéon ?

Historien, juif résistant face aux Nazis… Qui est Marc Bloch, qui entre au Panthéon ?

 

 

 

D’abord historien puis résistant lors de la Seconde Guerre mondiale, il fonde les Annales d’histoire économique et sociale… mais qui est vraiment Marc Bloch, qui entre au Panthéon mardi 23 juin 2026 ?

Influencé par Émile Durkheim, historien, résistant face aux Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale… Marc Bloch semble avoir vécu mille vies. Mais est-ce qu’on connaît vraiment cet homme qui entre au Panthéon, mardi 23 juin 2026 ? Retour sur son parcours.

Fils d’historien du monde gaulois, romain et grec, il est d’abord professeur de lycée à Montpellier et Amiens avant d’être mobilisé lors de la Première Guerre mondiale. Lorsque le conflit se termine, il a le grade de capitaine et est décoré de la Légion d’honneur pour ses faits de guerre.

Il devient professeur d’histoire du Moyen-Âge à la faculté de Strasbourg en 1927. Quelques années avant, en 1924, il publie son œuvre majeure : Les Rois thaumaturges. Ce livre, de 608 pages pour la version classique et de 864 pages pour la version poche, traite des pouvoirs miraculeux prêtés aux rois de France et d’Angleterre. En 1929, il participe à la fondation des Annales d’histoire économique et sociale, avec un autre historien, Lucien Febvre. Il s’agit d’une revue scientifique d’histoire, qui sera à l’origine de l’École des Annales, l’une des principales écoles historiques françaises du XXe siècle.

 

Clandestinité et Résistance

Lors de l’Occupation, Marc Bloch est obligé de publier dans les Annales sous un pseudonyme, du fait qu’il soit juif. Il est poussé à la retraite en 1943 et entre alors dans la clandestinité. C’est à ce moment-là qu’il semble s’engager dans la Résistance. Il devient un des chefs au sein du mouvement de résistance Franc-Tireur puis dans les Mouvements Unis de la Résistance.

L’historien et résistant est arrêté le 8 mars 1944 à Lyon par l’équipe de Francis André, collaborateur français de la Gestapo. Il se retrouve emprisonné à la prison Montluc, est torturé pendant plusieurs jours mais ne donne aucune information utile à la Gestapo. Il meurt fusillé, le 16 juin 1944, aux côtés d’une vingtaine d’autres résistants.

Plusieurs places, rues mais aussi des établissements scolaires portent, aujourd’hui, le nom de l’historien. C’est notamment le cas, dans l’Eure, à Val-de-Reuil, du lycée Marc-Bloch.

Mardi 23 juin 2026, Marc Bloch et son épouse Simonne Vidal, née à Dieppe, entreront au Panthéon. Sa femme a grandement participé aux travaux de son mari et a été, pendant la guerre, bénévole dans un hôpital.

Dans une lettre adressée au président de la République, la famille de Marc Bloch a demandé que « l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie ». Elle souhaite également que les restes du couple ne soient pas directement transférés dans la nécropole. La cérémonie est à suivre sur France 2 à partir de 20h30.

 

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