Jellal et Latifa Ben Abdallah chez eux à Sidi Bou Saïd 

Cérès a 50 ans: 1964. Jellal et Latifa Ben Abdallah chez eux à Sidi Bou Saïd 

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1964. Lorsqu’on aborde l’univers de Jellal Ben Abdallah, très vite l’œuvre se confond avec la personne, ses amours, sa vie, ses amitiés, son intérieur, son village, Sidi Bou Saïd. Seule une sorte de « mythologie » pourrait un jour rendre compte de cette religion de l’art fait vie et de la vie faite art.

Son grand ami, Jean Daniel, trouve les mots justes : "J’ai découvert dans la maison de Jellal comment un artiste pouvait être d’abord un artisan, comment l’harmonie pouvait s’éloigner de la somptuosité et de la vulgarité du luxe qui menace tous les nouveaux riches, avec quelle discrétion distante et inspirée on peut faire de sa vie et du raffinement une façon de vivre". (in Jellal Ben Abdallah. Ni disciple ni maître, Amin Bouker, Tunis).

Et la revue Carthage, dans sa livraison de l’été 65, rend hommage à la compagne de toujours, dans ces termes : « S’il fallait aujourd’hui faire resurgir la petite princesse punique (Salammbô), hiératique et fine, ciselée, bronzée, dorée, ce ne pourrait être que sous les traits de Latifa Ben Abdallah. En Latifa, tout est raffinement, préciosité, finesse. »

Cérès a édité le premier livre (1983) dédié à Jellal Ben Abdallah, accompagné d’un superbe texte de Jean Duvignaud avant d’accueillir la plus imposante monographie jamais consacrée à un peintre tunisien, que l’on doit au talent et à l’érudition de son meilleur connaisseur, Amin Bouker : Jellal Ben Abdallah. Sous l’artifice, la simplicité, Tunis, 2013.

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